Cher tout le monde,
Je suis partie il y a deux semaines, pour un petit voyage personnel, qui me tenait à coeur, seule, puisque les amis travaillaient, seule par choix aussi, même si ça peut sembler étrange. J'ai, au
cours de ce voyage écrit plusieurs petits textes qui le décrivent. Ce sont ces textes que je vous recopie et un peu de mes souvenirs en guise de transition, qui serviront à vous raconter mes trois
jours, avec en sus les photos prises dans ces lieux de nature grandiose qui vous donne l'impression d'avoir atteint un petit coin du bout du monde.
- Premier texte.
" Un mardi matin de mai, je pars seule vers un paysage.
La gare d'autobus de Ste Foy, ce mardi matin de mai, a des allures d'espace vide. Non pas qu'il n'y ait tout à fait personne.
Non, il y a la vieille dame au manteau vert fluo qui remet ses bas, au fond sur les bancs noirs; il y a ce couple âgé, installé sur les sièges en rang d'oignons, madame plongée dans son livre et
monsieur fixant le vide sans le voir; il y a miss Bimbo, son horrible ceinture à brillant et son magazine pour adolescente, occupée à machouiller son chewing-gum; et puis le couple à côté de moi,
typé hispanophone et discutant pourtant dans un anglais à l'accent bizarre.
Le silence règne, on l'entend à merveille. Le troublent parfois des bribes de conversation, une valise posée sur le sol, un raclement de gorge, la voix du guichetier à la billeterie ou la caisse
enregistreuse de la tabagie.
Elle est en face de moi, cette boutique, avec sa devanture en pyramide de livre à vendre - que des best-sellers et ce genre de roman à l'eau de rose qu'on retrouve toujours dans ce genre de
boutique. Le restaurant à côté est vide, le barman nettoie les vitres des portes d'entrée à grand renfort de spray désinfectant à l'odeur de citron.
J'observe ce petit monde du coin de l'oeil, peut-être pas si discrètement que cela, mais qu'importe. Il n'y a vraiment rien d'autre à faire à la gare de Ste Foy un mardi matin de mai quand il n'y a
que du vide autour. Cela m'amuse, ce genre de chose, cela fait parti du côté amusant de ses lieux de passages et d'éphémérité. Ils appartiennent au décor, ils font partis de la vacuité même
du lieu, de sa vie à ce moment précis d'attente... D'attente avant l'ailleurs où elle conduit nécessairement... J'en suis de même, moi, assise là, à gratter mon papier.
8h40, l'appel pour mon autobus, pour mon ailleurs, résonne dans les hauts-parleurs, troublant le vide monotone pour quelques instants par un mouvement lent de quelques personnes - on ne dira pas de
foule - vers l'extérieur et le quai n°1. Je me lève, emporte mes sacs et franchis les portes automatiques, essayant encore de saisir la réalité de l'instant, celle qui ne cesse de m'échapper depuis
que j'ai pris cette décision de partir seule. Il est étrange, terriblement étrange de me retrouver là, à suivre mes choix, à rendre une envie, un petit rêve, réel, vrai... Etrange et pourtant guère
désagréable, bien au contraire. J'ai au coeur comme un rien de fierté, cette appréhension bizarre qui ressemble au stress qu'on ressent juste avant de monter sur scène au théâtre, et l'excitation
des voyages, tous mêlés les uns aux autres...
Parce que ce voyage-là est définitivement différent de tous les autres effectués cette année. Je ne vais pas vers les villes, je vais vers un coin du bout du monde. Je n'y cherche pas les rires,
les plaisirs ni les découvertes extraordinaires des voyages fait en groupe, ensemble avec les amis. Non. J'y cherche un peu de paix, et de l'émerveillement. Je cherche un paysage.
Le bus est plus vide encore que la gare. Mais c'est une autre sorte de vide, un vide confortable, tranquille. ici, les fauteuils tout autour me cache et m'invente un espace personnel. Je remplis
mon vide.
Vide qui ne dure hélas que le temps de rejoindre la gare de Québec... là, l'espace se remplit, se brouillonne. Femmes, hommes, tous soit jeunes, de profil étudiant, soit vieux, de profil retraité,
s'installent autour de moi en bavardant gaiement. Et ça parle une langue qui m'est inconnue... peu importe. Je me laisse bercer par le rythme de la route..."
Et sur la route, les paysages défilent...
On a l'impression de quitter un monde pour entrer dans un autre monde, plus sauvage, différent, vers ces lieux que je recherche. Et voir défiler sous mes yeux ces sapins, ces collines, ces
villages perdus au milieu de nulle part, pousser là au hasard, comme une herbe folle, fabrique cet autre monde, cette authenticité des grand voyages, ce côté d'aventures.
Lors de la pause déjeuner le bus s’arrête dans un endroit appelé Saint Siméon, c’est là que je vais adresser la parole au premier personnage de mon voyage, Serge, originaire de sept îles. Les
paysages n’ont pas le même sens pour lui, les sapins, il les a vu des dizaines de fois, il ne les voit plus, ils n’ont pas ce sens que je leur donne. Comme les baleines pour les pêcheurs de
Tadoussac. Ordinaire, normale, là depuis toujours, appartenant au paysage.
Notre ordinaire est relatif. Serge ne voyait pas les paysage que moi je voyais avec mon œil de naïf, de touriste. Je n’aime pas trop utiliser le mot touriste pour ce voyage. Je lui préfère le
mot voyageur.
Sept îles, selon Serge, c’est un endroit à voir… Un véritable endroit perdu. Loin sur la côte nord. Oui, ce serait un voyage à faire, remonter le long du fleuve vers l’océan. J’y avais pensé…
mais Sept îles est un peu loin pour trois jours.
La route se poursuit, quelques heures, et vers 14h, j’arrive à Tadoussac. Et ce qu’il a de fort appréciable pour moi, c’est que le bus s’arrête face à mon auberge de
jeunesse. Elle s’appelle La Maison à Majorique. C’est une espèce de grande maison familiale. Les chambres sont à l’étage, un salon nous accueille en bas, une bibliothèque est à disposition, et
tout le monde peut s’affairer dans la cuisine. Le lieu est convivial, jeune, chaleureux. Il a quelque chose de cet authentique que je recherche, de par les gens qui y vivent le temps d’un séjour,
de par l’ambiance, cette musique qui passe, ce petit bar…La fille qui me reçoit a les cheveux roses, de nombreux piercing et un air sympathique. On se serait cru dans une fiction américaine.
Me voilà accueilli là, dans un endroit où on se sentirait un ami de passage.
La déco est très sympa, et quelque chose sur le mur me fait dire que j’ai choisi le bon endroit. Ce quelque chose le comprendront ceux qui savent ce que veut dire « Légende
personnelle ». C’est cette petite phrase sur un mur, un clin d’œil à Coelho et à tous les alchimistes qui me fait dire que je suis au bon endroit pour ce que je cherche à faire, ce que j’ai
envie de vivre et d’accomplir pendant cette solitude.
- deuxième texte
« Dans ma solitude, ce lieu est une immensité. Un coin de bout du monde qui, bien qu’à demi sauvage seulement, ressemble à ces endroits où ni le temps ni le reste n’a d’importance. Le bruit
de l’eau, le vent léger, le soleil, l’espace, ce presque désert autour résonnent à l’envie d’une sérénité douce. Une tranquillité qu’on dirait immuable, que rien ne trouble, pas même les bateaux
qui passent au loin sur le Saint-Laurent, où le traversier sur le Fjord, dont les sirènes et les moteurs font parti de ce bruit de fond ambiant, si bien qu’on les oublie, pour n’entendre que
cette plénitude, cette réalité… moi toute petite et l’immensité.
C’est un de ses endroits où l’on respire, où l’on s’écoute respirer. Un de ses lieux où rien n’est à dire, puisque tout parle pour soi. On saurait rester des heures, longues et invisibles, à
écouter l’eau clapoter sur les rochers grisâtres, usés par le temps, l’eau, la vie, à sentir le vent qui les balaye, à fermer les yeux et les rouvrir encore.
Les couleurs s’y mélangent, les bleus du ciel, les bleus de l’eau, les verts tendres de la végétation, les verts noirs des sapins sur les collines de l’autre rive, le scintillement du soleil
tout autour, les gris de la roche… et il n’y a presque personne là, cet après-midi. Et ceux qui sont là restent silencieux. Admiratifs… dans une bulle d’émerveillement,
peut-être bien. »
5/7 heures, moi qui pensais manger seule, je mange avec les gens qui sont là à l’auberge, dans une atmosphère un peu bizarre, toujours avec cette impression d’être un ami de passage et de
faire des connaissances. Beaucoup de français, quelques québécois, heureusement, dont Jojo, l’institution de l’endroit, qui raconte des histoires et se moque gentiment des français. Je discute
autour de moi avec tout ce monde, je les écoute me raconter le pourquoi de leur voyage, c’est LA chose qu’on a tous en commun ici. C’est drôle, avec tous ces personnages différents, on pourrait
écrire un Agatha Christie dans ce décor.
Ce sont des lieux qui racontent des choses. Ce genre de sentiment, on l’a quand on voyage seule. On est dans la position du spectateur, position délectable. On se sent comme, le narrateur
d’une histoire, c’est quelque chose qui se ressent, une impression d’être attentif à tout ce qu’il se passe autour de soi.
Les gens parlent, discutent, se rencontrent, évoquent leurs expériences de voyage, l’instant se vit tranquillement. La nuit commence à tomber, je repars seule vers les endroits découverts
dans la journée, je vais à la quête des baleines mais je ne les verrais pas ce soir là. J’ai juste marché le long de la plage, de nouveau sur les rochers, et à défaut de Baleine, j’ai vu quelques
étoiles.
Le lendemain, matinale, je me lève à 7h, je prends un petit-déjeuner simple, œufs, tartines grillées. Me voilà repartie à crapahuter sur les routes, je pars pour les sommets, embrasser les
paysages d’en haut, me sentir l’aigle au dessus de tout cela. Toujours un peu avec cet esprit d’aventurier, avec l’imagination qu’on a quand on est une petite fille qui s’invente une aventure,
dans l’esprit du « on dirait que je serais ceci »… Je monte, je crapahute, je joue les cabris… Et me voilà sur les hauteurs au-dessus de Tadoussac, à embrasser cette vue
absolument splendide, grandiose.
- troisième texte.
« Le temps s’arrête ici, mes pensées aussi. Le paysage autour prend trop de place. Le soleil frappe fort ce matin en haut du sentier de l’Anse à l’eau, un petit chemin aménagé qui monte vers
les hauteurs. La récompense vaut l’effort, la vue sur la baie est magistrale. L’eau scintille, droit devant, m’entoure de toute part. Là à l’est, la baie, paisible, où l’eau presque calme sert de
miroir au relief et à la verdure qui l’entoure. Au fond, paysage constant, les eaux bleues du froid Saint-Laurent paraîtrait un océan, si ce n’était l’autre rive qu’on aperçoit – longue bande
noire inégale à l’horizon. Et, derrière moi, le fjord du Saguenay, profondément bleu, plus sombre encore que le fleuve, presque plus agité. Les eaux se strient des sillons des bateaux, des
mouvements du courant, se laissent parsemer de milliers de petites étoiles par les rayons du soleil. L’air est doux, quoique le soleil chauffe et m’éblouit.
Les sapins et autres arbres à épines cernent la baie – ou sont cernés par elle, qui sait ? – s’étalent sur les roches grises d’où je les observe. Le chemin s’escarpe, se tord entre leurs
branches et joue à cache-cache avec l’eau tout autour où se sont les baleines qui jouent à cache-cache avec les touristes.
On entend au loin, encore, le bruit des bateaux, comme un arrière-fond constant qui ne se tait que la nuit, et les oiseaux pépient une autre mélodie permanente. La matinée est belle et je me
sentirais presque dans un coin au bord de la mer au soleil en été, si ce n’était le vent un peu frais et les sapins.
Ce paysage est unique, magique, différent, incomparable. Chaque lieu a sa propre aura. Je n’aime pas dire, « cela me rappelle ceci », c’est enlever toute son identité à un endroit. Et
un endroit comme celui-ci mérite qu’on lui accorde un ressenti propre.
La solitude me ramène peut-être à une partie de moi que les derniers jours m’ont fait mettre de côté. Je ne sais dire comment je me sens réellement. Ces derniers jours ont été trop pleins
d’émotions lourdes, contenues. Beaucoup d’agacement, d’envie de tout lâcher. Ce que j’ai fait. Ces vacances de trois jours, c’est la quête d’une pause pour mieux repartir. Trouver l’énergie
nécessaire pour faire les papiers, ranger les affaires, se remettre dans un esprit de travail pour préparer mon stage… Me plonger dans une activité pour éviter de sombrer dans l’apathie du
« je ne sais pas par où commencer », si fréquent lorsque la fin des cours nous désoriente. Trouver ce que je veux, où je vais… je ne le ferais pas en trois jours. Mais la solitude me
ramène à mes certitudes. J’ai toujours des buts à atteindre et des envies à poursuivre. »
Le voyage vers Jonquière suit la route du Fjord, c’est quelque chose qu’il faudrait faire en voiture pour pouvoir s’arrêter au niveau de tous ces petits coins qu’on croise et qui ont l’air
complètement perdu au milieu de nulle part, entre des forêts de sapins, d’arbres à épines, et de tas de petits lac entre deux. Ce paysage, c’est du vert et de l’eau. Et de temps en temps des
maisons de bûcherons, si on veut rester au cœur d’un mythe. J’ai dormi un temps le long de la route. C’est beau, très beau, je regrette de voyager en bus et non en voiture, parce qu’il y a des
endroits où il fallait s’arrêter. Sainte Rose du Nord, petit village perdu au milieu de nulle part, champignon au bord de l’eau, par exemple… le Fjord est magnifique, dans ses eaux très
profondes, d’un bleu difficile à décrire. Le mélange entre ce bleu profond, ce vert, c’est un tableau vivant, des paysages grandioses, c’est cela qui émerveille, la grandeur. Canada pays des
grands espaces… ici, ce ne sont pas forcément des grands espaces, ce sont des espaces vides. Pas tout à fait désert parce qu’il y a des hommes, mais ce sont des villages, de la campagne. J’ai du
mal à décrire ce que je ressens face à ce genre de lieu, qui respire, qui possède comme une âme. On sent toute l’idée des légendes indiennes, et je suis sûre que si on les raconte dans ces
endroits, elles prennent toutes leurs dimensions ; celles d’une nature vivante, d’une nature qui a comme des histoires à raconter à l’oreille.
C’est ma vision des choses, bien sûr, d’autres le verraient différemment. C’est de l’émerveillement, rien d’autre que de l’émerveillement naïf, presque enfantin. L’impression de découvrir le
monde sans avoir de mots à mettre dessus.
Ces paysages on les aperçoit sur une portion de la route le long du fjord Saguenay. Ce sont des paysages qu’on a envie de garder captif dans son imaginaire comme un mélange de ce que la
réalité a vu et de ce que l’imagination en a fait ensuite. Des paysages qu’on a envie de revoir malgré tout pour s’assurer qu’ils existent bel et bien. Des lieux on a envie de s’arrêter pour
pouvoir les ressentir plus en profondeur.
Chicoutimi c’est tout à fait autre chose. J’ai moins apprécié Chicoutimi, c’est une ville industrielle, avec son histoire de ville, et je ne cherchais pas des villes, je cherchais des
morceaux de nature, des bouts de calme, et un émerveillement face à quelque chose qui m’échappe. De Chicoutimi ce que je retiens surtout, ce n’est pas ce que j’ai vu de la ville, c’est une ville
à l’américaine, ce qui m’intéresse surtout, ce sont les gens, les rencontres. Chicoutimi/ Jonquière, c’est l’auberge de jeunesse qui reste le souvenir marquant de mon passage. Ce sont les gens
que je retiens. Auberge où encore une fois je me sens reçue comme une amie de passage. Et j’ai comme l’impression, alors, d’appartenir à cette caste des voyageurs.
Je suis arrivée avec quatre jeunes de Lyon, qui m’ont invité à partager leur repas au soir, et je suis repartie avec quatre femmes d’un certain âge et pourtant très dynamiques. Toutes en
cheveux blancs et en énergie. Extrêmement gentilles, elles m’ont déposé à la gare d’autobus. J’aurais même fait le voyage jusqu’à Québec avec elles tellement ç’avait été agréable de prendre mon
petit déjeuner avec ces quatre copines.
- Quatrième texte.
« Tout se partage, il fait bon d’être là autour de ce feu de camp à parler cinéma, hockey, Québec… Ici, ce n’est pas la ville, ce n’est pas le lieu qui me marque, mais les rencontres. Ce
genre d’ambiance authentique où l’important n’est pas tant ce que l’on dit, ce qu’on est, que le partage du moment présent. J’ai été invitée par les quatre lyonnais à partager un barbecue, les
discussions sont tranquilles, l’atmosphère est plaisante. J’écoute beaucoup, j’observe attentivement, je me laisse porter, en spectatrice, en narrateur. Ils sont là en vacances, rendant visite à
l’un d’entre eux qui travaille sur Montréal depuis Mars. Il y a deux frères, chauffeurs routiers tous deux, ils doivent avoir le même âge que Julie ou Yann. Un couple suisse est présent aussi,
avec leur petite fille d’un ou deux ans… j’évalue moins bien l’âge des enfants. Et puis il y a les propriétaires de l’auberge de jeunesse. Elle, étrangère, a un petit accent d’Europe de l’est.
Lui est québécois. Ils s’installent avec nous autour du feu de camp et nous parle un peu de la région, des endroits à voir, des endroits qu’ils ont vu… La nuit est tranquille… On se sent sur la
route, voyageur, encore. »
- Cinquième texte.
« Chicoutimi sous la pluie, j’ai choisi de le prendre avec le sourire, de faire un petit tour de ¾ d’heure en chantonnant avant de rejoindre la gare d’autobus où je prend un petit repas dans
un snack sympathique. Ça parle québécois autour de moi, fond musical KT Tunstall, dîner au bar sur un tabouret rond, comme dans les films américains. Je suis partie ce matin de l’Auberge de
Jeunesse avec les quatre copines françaises aux cheveux blancs. On s’est entassé dans la voiture et j’aurais presque fait toute la route jusqu’à Québec avec elles.
Mon voyage se rapproche de sa fin. Je n’aime pas les bilans de fin de voyage… les conclusions, c’est toujours ce qui me donne le plus de mal. Il n’est pas une minute que je n’ai pleinement vécue,
l’importance de ce petit tour au Québec est là entière. Dans les paysages et dans les rencontres. L’important… au fond, tout est important et « rien n’a d’importance » comme dirait
Hobb. J’avance, je vis, je passe et je m’en vais. J’ai joué à être un courant d’air. Une poussière qui virevolte d’un point à l’autre, qui va et ne revient pas, pas tout de suite. J’ai aimé
chaque seconde, même celles de doutes, même celles d’angoisse, et toutes celles de solitude autant que celles de communauté. C’est exactement ce que je voulais faire. Aller sans réfléchir. C’est
ça qui vaut la peine, qui a des ailes, en crée. Et ça m’a fait du bien. Cela m’a sortir de cette état mélancolique dans lequel les au revoirs m’avaient un peu plongé. J’ai envie de revoir Québec,
j’y reviens avec le sourire. Un vrai sourire.
Dans le snack, c’est comme si tout le monde se connaissait. J’ai eu cette impression partout pendant mon petit voyage. Cela aussi donne le sourire.
Ces endroits de passage, ce sont mes préférés. Parce que leur essence est faite d’éphémérité, d’histoires multiples qui se croisent, se recroisent, s’effacent, s’oublient, ne restent que dans les
mémoires de ceux qui échangent sous la forme de souvenirs imprécis d’un moment d’une vie. C’est à cela que les attentes ressemblent, à des portraits mouvants d’histoires vraies aux allures de
romans de gare.
Ces lieux et leurs richesses s’accumulent dans ma mémoire. Tous. Je ne sais pas quand ni comment, mais ces instants existeront de nouveau, ailleurs, sous d’autres formes.
J’ai de multiples choses à raconter. »
A bientôt,
A.