Dimanche 1 juin 2008


Dimanche 1er juin, 1h17 du matin, le 9 m², Québec.

(Et je pique l'idée de la musique pour dire au revoir à Pauline dont j'ai beaucoup aimé la conclusion sur son blog ici.  Et j'ai choisi celle-là parce que c'est un peu la première chanson des cowboys que j'ai connu et puis... elle s'y prête non ? )

Cher tout le monde,

Les conclusions m'ont toujours donné bien plus de mal que les introductions... Pourtant, à l'heure des bilans, le plus important a été dit, fait, vécu, raconté... C'est regarder cela depuis ce dernier jour, ces dernières heures et en tirer quelques phrases intelligentes qui demande un rien de réflexion, un peu de travail sur soi.
Mais quel bilan ? quelle conclusion ? Que puis-je écrire dans ce dernier article ? A bien des égards, il risque de me sembler pauvre. Pourtant... il faut bien conclure.
Conclure... mettre un point final ? Comment mettre un point final sur une année de vie ?
Ces derniers jours, j'ai vécu comme d'ordinaire, avec un rien de mélancolie supplémentaire qui planait comme une ombre dans les recoins de nos soirées, de nos repas, de nos éclats de rire. J'ai relu avec un rien de sourire mes tous premiers articles, mes étonnemments des premiers jours, mes découvertes quotidiennes, devenues depuis des vérités communes. J'ai repassé en mémoire le fil de mes rencontres, et je me suis vue là, assise au milieu de ceux qui sont devenus des amis, à vivre tout simplement ma petite vie d'étudiante étrangère, peut-être plus si étrangère que cela.
J'emporte tout cela avec moi.

J'emporte l'automne, mes premières semaines ici, ces semaines difficiles où tout un quotidien manquait, où la famille manquait, où les amis manquaient... ces premières semaines d'apprentissage aussi, d'émerveillement nouveau, de ces dizaines de fois où un "Ils sont fous ces québécois" m'échappait.
Ils sont lointains à présent ces premiers moments. Ils semblent appartenir à une autre vie ces premiers doutes, ces premières découvertes.

J'emporte l'hiver, le long, si long hiver, ces premiers flocons, ce campus sous la neige, ce Saint-Laurent gelé.
Ce froid mordant, ces examens stressants, et ces soirées passées avec les amis, cette bataille de boule de neige devant les résidences, ces chocolats chauds du dimanche matin, ces mardis à la patinoire...

J'emporte cette fin de premier semestre, cette envie de rentrer, et mes quelques larmes à l'aéroport de Québec au moment de décoller, de quitter pour trois semaines un endroit que j'ai aimé dès le moment où j'y ai mis les pieds... et cette sensation alors, cette phrase qui m'est venue, ce " je ne veux même pas imaginer ce que ce sera en juin"...

J'emporte ce retour, ce sourire idiot à reconnaître des lieux devenus familiers.
J'emporte ces paysages, cette ville en couleur, en contraste, cette ville tranquille, européenne, cosmopolite, américaine, cette ville qui chante la nuit, cette ville qui vit même par moins 17 en hiver.
J'emporte l'accent qui chante, la bonne humeur, les fêtes.

J'emporte aussi ces coups de colère, ces coups de têtes, ces humeurs, ces jours de doutes, ces soirées tristes.
Mais j'emporte les rires, les délires, nos discussions idiotes, nos discussions sérieuses, nos recettes de cuisines. La bonne humeur de Flo et ses rumeurs croustillantes, les histoires de Sandra et sa présence constante, l'amitié de Géraldine et ses conseils rassurants...

J'emporte Paxony, les cours de Bélanger et ceux de Deriennic, la grande bibliothèque où j'ai vécu - Dieu! - des heures de recherches et de travail acharné !
Ces soirées à veiller pour finir un devoir, et celles où j'écrivais à la craie sur les tableaux des salles de travail, ce qui amusait Sandra...

Les heures perdues dans les centres commerciaux, la route pour y aller, automne, hiver, printemps... Le numéro de Domino's pizza! La Poutine chez Ashton, le macflurry oréo !
Les robes de soirées des Ailes de la mode...

Le soutien quotidien de ceux qui étaient là, de ceux qui étaient loin.

J'emporte les images de journées de voyages.
Le vieux Québec la nuit, sous la neige en hiver,
Le marché du vieux port, ses légumes, ses fromages...
Le soleil qui se couche sur le Saint-Laurent une soirée d'automne, là juste avant les grands froids.
Des souvenirs de New-York, rien qu'en fermant les yeux.
Notre première soirée dans un bar à chanson
Quelques pièces de théâtre, des morceaux de musique
Tadoussac au soleil, Toronto à l'automne
Et Québec, toujours.... Montréal aussi... mais Québec...
Les plaines d'Abraham, par tous les temps, toutes saisons,
La terrasse Dufferin, la rue Saint-Jean, la rue Saint-Louis
La place d'Youville, chère place d'Youville...
Et toutes ces petites rues, et tous ces recoins et tout ce qui fait que Québec est Québec...

Je garde tout cela, et je garde plus encore. Je garde ce que cela m'a appris.

Un point final... il n'y a pas de vrai point final. Peut-être, oui, l'année passée ici se termine. Mais tout son héritage reste. Rentrer, ce n'est pas un mot fin...

C'est juste une autre histoire pour raconter la suite.



A.

free music

par Aurore publié dans : petites nouvelles du jour
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Jeudi 29 mai 2008
Cher tout le monde,

Je suis partie il y a deux semaines, pour un petit voyage personnel, qui me tenait à coeur, seule, puisque les amis travaillaient, seule par choix aussi, même si ça peut sembler étrange. J'ai, au cours de ce voyage écrit plusieurs petits textes qui le décrivent. Ce sont ces textes que je vous recopie et un peu de mes souvenirs en guise de transition, qui serviront à vous raconter mes trois jours, avec en sus les photos prises dans ces lieux de nature grandiose qui vous donne l'impression d'avoir atteint un petit coin du bout du monde.

- Premier texte.

" Un mardi matin de mai, je pars seule vers un paysage.
La gare d'autobus de Ste Foy, ce mardi matin de mai, a des allures d'espace vide. Non pas qu'il n'y ait tout à fait personne.
Non, il y a la vieille dame au manteau vert fluo qui remet ses bas, au fond sur les bancs noirs; il y a ce couple âgé, installé sur les sièges en rang d'oignons, madame plongée dans son livre et monsieur fixant le vide sans le voir; il y a miss Bimbo, son horrible ceinture à brillant et son magazine pour adolescente, occupée à machouiller son chewing-gum; et puis le couple à côté de moi, typé hispanophone et discutant pourtant dans un anglais à l'accent bizarre.
Le silence règne, on l'entend à merveille. Le troublent parfois des bribes de conversation, une valise posée sur le sol, un raclement de gorge, la voix du guichetier à la billeterie ou la caisse enregistreuse de la tabagie.
Elle est en face de moi, cette boutique, avec sa devanture en pyramide de livre à vendre - que des best-sellers et ce genre de roman à l'eau de rose qu'on retrouve toujours dans ce genre de boutique. Le restaurant à côté est vide, le barman nettoie les vitres des portes d'entrée à grand renfort de spray désinfectant à l'odeur de citron.
J'observe ce petit monde du coin de l'oeil, peut-être pas si discrètement que cela, mais qu'importe. Il n'y a vraiment rien d'autre à faire à la gare de Ste Foy un mardi matin de mai quand il n'y a que du vide autour. Cela m'amuse, ce genre de chose, cela fait parti du côté amusant de ses lieux de passages et d'éphémérité.  Ils appartiennent au décor, ils font partis de la vacuité même du lieu, de sa vie à ce moment précis d'attente... D'attente avant l'ailleurs où elle conduit nécessairement... J'en suis de même, moi, assise là, à gratter mon papier.
8h40, l'appel pour mon autobus, pour mon ailleurs, résonne dans les hauts-parleurs, troublant le vide monotone pour quelques instants par un mouvement lent de quelques personnes - on ne dira pas de foule - vers l'extérieur et le quai n°1. Je me lève, emporte mes sacs et franchis les portes automatiques, essayant encore de saisir la réalité de l'instant, celle qui ne cesse de m'échapper depuis que j'ai pris cette décision de partir seule. Il est étrange, terriblement étrange de me retrouver là, à suivre mes choix, à rendre une envie, un petit rêve, réel, vrai... Etrange et pourtant guère désagréable, bien au contraire. J'ai au coeur comme un rien de fierté, cette appréhension bizarre qui ressemble au stress qu'on ressent juste avant de monter sur scène au théâtre, et l'excitation des voyages, tous mêlés les uns aux autres...
Parce que ce voyage-là est définitivement différent de tous les autres effectués cette année. Je ne vais pas vers les villes, je vais vers un coin du bout du monde. Je n'y cherche pas les rires, les plaisirs ni les découvertes extraordinaires des voyages fait en groupe, ensemble avec les amis. Non. J'y cherche un peu de paix, et de l'émerveillement. Je cherche un paysage.

Le bus est plus vide encore que la gare. Mais c'est une autre sorte de vide, un vide confortable, tranquille. ici, les fauteuils tout autour me cache et m'invente un espace personnel. Je remplis mon vide.
Vide qui ne dure hélas que le temps de rejoindre la gare de Québec... là, l'espace se remplit, se brouillonne. Femmes, hommes, tous soit jeunes, de profil étudiant, soit vieux, de profil retraité, s'installent autour de moi en bavardant gaiement. Et ça parle une langue qui m'est inconnue... peu importe. Je me laisse bercer par le rythme de la route..."

Et sur la route, les paysages défilent...





On a l'impression de quitter un monde pour entrer dans un autre monde, plus sauvage, différent, vers ces lieux que je recherche. Et voir défiler sous mes yeux ces sapins, ces collines, ces villages perdus au milieu de nulle part, pousser là au hasard, comme une herbe folle, fabrique cet autre monde, cette authenticité des grand voyages, ce côté d'aventures.

 

Lors de la pause déjeuner le bus s’arrête dans un endroit appelé Saint Siméon, c’est là que je vais adresser la parole au premier personnage de mon voyage, Serge, originaire de sept îles. Les paysages n’ont pas le même sens pour lui, les sapins, il les a vu des dizaines de fois, il ne les voit plus, ils n’ont pas ce sens que je leur donne. Comme les baleines pour les pêcheurs de Tadoussac. Ordinaire, normale, là depuis toujours, appartenant au paysage.

Notre ordinaire est relatif. Serge ne voyait pas les paysage que moi je voyais avec mon œil de naïf, de touriste. Je n’aime pas trop utiliser le mot touriste pour ce voyage. Je lui préfère le mot voyageur.

Sept îles, selon Serge, c’est un endroit à voir… Un véritable endroit perdu. Loin sur la côte nord. Oui, ce serait un voyage à faire, remonter le long du fleuve vers l’océan. J’y avais pensé… mais Sept îles est un peu loin pour trois jours.

La route se poursuit, quelques heures, et vers 14h, j’arrive à Tadoussac. Et ce qu’il  a de fort appréciable pour moi, c’est que le bus s’arrête face à mon auberge de jeunesse. Elle s’appelle La Maison à Majorique. C’est une espèce de grande maison familiale. Les chambres sont à l’étage, un salon nous accueille en bas, une bibliothèque est à disposition, et tout le monde peut s’affairer dans la cuisine. Le lieu est convivial, jeune, chaleureux. Il a quelque chose de cet authentique que je recherche, de par les gens qui y vivent le temps d’un séjour, de par l’ambiance, cette musique qui passe, ce petit bar…La fille qui me reçoit a les cheveux roses, de nombreux piercing et un air sympathique. On se serait cru dans une fiction américaine.

Me voilà accueilli là, dans un endroit où on se sentirait un ami de passage.

La déco est très sympa, et quelque chose sur le mur me fait dire que j’ai choisi le bon endroit. Ce quelque chose le comprendront ceux qui savent ce que veut dire « Légende personnelle ». C’est cette petite phrase sur un mur, un clin d’œil à Coelho et à tous les alchimistes qui me fait dire que je suis au bon endroit pour ce que je cherche à faire, ce que j’ai envie de vivre et d’accomplir pendant cette solitude.


- deuxième texte

« Dans ma solitude, ce lieu est une immensité. Un coin de bout du monde qui, bien qu’à demi sauvage seulement, ressemble à ces endroits où ni le temps ni le reste n’a d’importance. Le bruit de l’eau, le vent léger, le soleil, l’espace, ce presque désert autour résonnent à l’envie d’une sérénité douce. Une tranquillité qu’on dirait immuable, que rien ne trouble, pas même les bateaux qui passent au loin sur le Saint-Laurent, où le traversier sur le Fjord, dont les sirènes et les moteurs font parti de ce bruit de fond ambiant, si bien qu’on les oublie, pour n’entendre que cette plénitude, cette réalité… moi toute petite et l’immensité.

C’est un de ses endroits où l’on respire, où l’on s’écoute respirer. Un de ses lieux où rien n’est à dire, puisque tout parle pour soi. On saurait rester des heures, longues et invisibles, à écouter l’eau clapoter sur les rochers grisâtres, usés par le temps, l’eau, la vie, à sentir le vent qui les balaye, à fermer les yeux et les rouvrir encore.

Les couleurs s’y mélangent, les bleus du ciel, les bleus de l’eau, les verts tendres de la végétation, les verts noirs des sapins sur les collines de l’autre rive, le scintillement du soleil tout  autour, les gris de la roche… et il n’y a presque personne là, cet après-midi. Et ceux qui sont là restent silencieux. Admiratifs… dans une bulle d’émerveillement, peut-être bien. »

 






5/7 heures, moi qui pensais manger seule, je mange avec les gens qui sont là à l’auberge, dans une atmosphère un peu bizarre, toujours avec cette impression d’être un ami de passage et de faire des connaissances. Beaucoup de français, quelques québécois, heureusement, dont Jojo, l’institution de l’endroit, qui raconte des histoires et se moque gentiment des français. Je discute autour de moi avec tout ce monde, je les écoute me raconter le pourquoi de leur voyage, c’est LA chose qu’on a tous en commun ici. C’est drôle, avec tous ces personnages différents, on pourrait écrire un Agatha Christie dans ce décor.

Ce sont des lieux qui racontent des choses. Ce genre de sentiment, on l’a quand on voyage seule. On est dans la position du spectateur, position délectable. On se sent comme, le narrateur d’une histoire, c’est quelque chose qui se ressent, une impression d’être attentif à tout ce qu’il se passe autour de soi.

Les gens parlent, discutent, se rencontrent, évoquent leurs expériences de voyage, l’instant se vit tranquillement. La nuit commence à tomber, je repars seule vers les endroits découverts dans la journée, je vais à la quête des baleines mais je ne les verrais pas ce soir là. J’ai juste marché le long de la plage, de nouveau sur les rochers, et à défaut de Baleine, j’ai vu quelques étoiles.


 

Le lendemain, matinale, je me lève à 7h, je prends un petit-déjeuner simple, œufs, tartines grillées. Me voilà repartie à crapahuter sur les routes, je pars pour les sommets, embrasser les paysages d’en haut, me sentir l’aigle au dessus de tout cela. Toujours un peu avec cet esprit d’aventurier, avec l’imagination qu’on a quand on est une petite fille qui s’invente une aventure, dans l’esprit du «  on dirait que je serais ceci »… Je monte, je crapahute, je joue les cabris… Et me voilà sur les hauteurs au-dessus de Tadoussac, à embrasser cette vue absolument splendide, grandiose.


- troisième texte. 

« Le temps s’arrête ici, mes pensées aussi. Le paysage autour prend trop de place. Le soleil frappe fort ce matin en haut du sentier de l’Anse à l’eau, un petit chemin aménagé qui monte vers les hauteurs. La récompense vaut l’effort, la vue sur la baie est magistrale. L’eau scintille, droit devant, m’entoure de toute part. Là à l’est, la baie, paisible, où l’eau presque calme sert de miroir au relief et à la verdure qui l’entoure. Au fond, paysage constant, les eaux bleues du froid Saint-Laurent paraîtrait un océan, si ce n’était l’autre rive qu’on aperçoit – longue bande noire inégale à l’horizon. Et, derrière moi, le fjord du Saguenay, profondément bleu, plus sombre encore que le fleuve, presque plus agité. Les eaux se strient des sillons des bateaux, des mouvements du courant, se laissent parsemer de milliers de petites étoiles par les rayons du soleil. L’air est doux, quoique le soleil chauffe et m’éblouit.

Les sapins et autres arbres à épines cernent la baie – ou sont cernés par elle, qui sait ? – s’étalent sur les roches grises d’où je les observe. Le chemin s’escarpe, se tord entre leurs branches et joue à cache-cache avec l’eau tout autour où se sont les baleines qui jouent à cache-cache avec les touristes.

On entend au loin, encore, le bruit des bateaux, comme un arrière-fond constant qui ne se tait que la nuit, et les oiseaux pépient une autre mélodie permanente. La matinée est belle et je me sentirais presque dans un coin au bord de la mer au soleil en été, si ce n’était le vent un peu frais et les sapins.

Ce paysage est unique, magique, différent, incomparable. Chaque lieu a sa propre aura. Je n’aime pas dire, « cela me rappelle ceci », c’est enlever toute son identité à un endroit. Et un endroit comme celui-ci mérite qu’on lui accorde un ressenti propre.

La solitude me ramène peut-être à une partie de moi que les derniers jours m’ont fait mettre de côté. Je ne sais dire comment je me sens réellement. Ces derniers jours ont été trop pleins d’émotions lourdes, contenues. Beaucoup d’agacement, d’envie de tout lâcher. Ce que j’ai fait. Ces vacances de trois jours, c’est la quête d’une pause pour mieux repartir. Trouver l’énergie nécessaire pour faire les papiers, ranger les affaires, se remettre dans un esprit de travail pour préparer mon stage… Me plonger dans une activité pour éviter de sombrer dans l’apathie du «  je ne sais pas par où commencer », si fréquent lorsque la fin des cours nous désoriente. Trouver ce que je veux, où je vais… je ne le ferais pas en trois jours. Mais la solitude me ramène à mes certitudes. J’ai toujours des buts à atteindre et des envies à poursuivre. »

 



Le voyage vers Jonquière suit la route du Fjord, c’est quelque chose qu’il faudrait faire en voiture pour pouvoir s’arrêter au niveau de tous ces petits coins qu’on croise et qui ont l’air complètement perdu au milieu de nulle part, entre des forêts de sapins, d’arbres à épines, et de tas de petits lac entre deux. Ce paysage, c’est du vert et de l’eau. Et de temps en temps des maisons de bûcherons, si on veut rester au cœur d’un mythe. J’ai dormi un temps le long de la route. C’est beau, très beau, je regrette de voyager en bus et non en voiture, parce qu’il y a des endroits où il fallait s’arrêter. Sainte Rose du Nord, petit village perdu au milieu de nulle part, champignon au bord de l’eau, par exemple… le Fjord est magnifique, dans ses eaux très profondes, d’un bleu difficile à décrire. Le mélange entre ce bleu profond, ce vert, c’est un tableau vivant, des paysages grandioses, c’est cela qui émerveille, la grandeur. Canada pays des grands espaces… ici, ce ne sont pas forcément des grands espaces, ce sont des espaces vides. Pas tout à fait désert parce qu’il y a des hommes, mais ce sont des villages, de la campagne. J’ai du mal à décrire ce que je ressens face à ce genre de lieu, qui respire, qui possède comme une âme. On sent toute l’idée des légendes indiennes, et je suis sûre que si on les raconte dans ces endroits, elles prennent toutes leurs dimensions ; celles d’une nature vivante, d’une nature qui a comme des histoires à raconter à l’oreille.

C’est ma vision des choses, bien sûr, d’autres le verraient différemment. C’est de l’émerveillement, rien d’autre que de l’émerveillement naïf, presque enfantin. L’impression de découvrir le monde sans avoir de mots à mettre dessus.

Ces paysages on les aperçoit sur une portion de la route le long du fjord Saguenay. Ce sont des paysages qu’on a envie de garder captif dans son imaginaire comme un mélange de ce que la réalité a vu et de ce que l’imagination en a fait ensuite. Des paysages qu’on a envie de revoir malgré tout pour s’assurer qu’ils existent bel et bien. Des lieux on a envie de s’arrêter pour pouvoir les ressentir plus en profondeur.

Chicoutimi c’est tout à fait autre chose. J’ai moins apprécié Chicoutimi, c’est une ville industrielle, avec son histoire de ville, et je ne cherchais pas des villes, je cherchais des morceaux de nature, des bouts de calme, et un émerveillement face à quelque chose qui m’échappe. De Chicoutimi ce que je retiens surtout, ce n’est pas ce que j’ai vu de la ville, c’est une ville à l’américaine, ce qui m’intéresse surtout, ce sont les gens, les rencontres. Chicoutimi/ Jonquière, c’est l’auberge de jeunesse qui reste le souvenir marquant de mon passage. Ce sont les gens que je retiens. Auberge où encore une fois je me sens reçue comme une amie de passage. Et j’ai comme l’impression, alors, d’appartenir à cette caste des voyageurs.

Je suis arrivée avec quatre jeunes de Lyon, qui m’ont invité à partager leur repas au soir, et je suis repartie avec quatre femmes d’un certain âge et pourtant très dynamiques. Toutes en cheveux blancs et en énergie. Extrêmement gentilles, elles m’ont déposé à la gare d’autobus. J’aurais même fait le voyage jusqu’à Québec avec elles tellement ç’avait été agréable de prendre mon petit déjeuner avec ces quatre copines.


- Quatrième texte. 

« Tout se partage, il fait bon d’être là autour de ce feu de camp à parler cinéma, hockey, Québec… Ici, ce n’est pas la ville, ce n’est pas le lieu qui me marque, mais les rencontres. Ce genre d’ambiance authentique où l’important n’est pas tant ce que l’on dit, ce qu’on est, que le partage du moment présent. J’ai été invitée par les quatre lyonnais à partager un barbecue, les discussions sont tranquilles, l’atmosphère est plaisante. J’écoute beaucoup, j’observe attentivement, je me laisse porter, en spectatrice, en narrateur. Ils sont là en vacances, rendant visite à l’un d’entre eux qui travaille sur Montréal depuis Mars. Il y a deux frères, chauffeurs routiers tous deux, ils doivent avoir le même âge que Julie ou Yann. Un couple suisse est présent aussi, avec leur petite fille d’un ou deux ans… j’évalue moins bien l’âge des enfants. Et puis il y a les propriétaires de l’auberge de jeunesse. Elle, étrangère, a un petit accent d’Europe de l’est. Lui est québécois. Ils s’installent avec nous autour du feu de camp et nous parle un peu de la région, des endroits à voir, des endroits qu’ils ont vu… La nuit est tranquille… On se sent sur la route, voyageur, encore. »

 - Cinquième texte.

« Chicoutimi sous la pluie, j’ai choisi de le prendre avec le sourire, de faire un petit tour de ¾ d’heure en chantonnant avant de rejoindre la gare d’autobus où je prend un petit repas dans un snack sympathique. Ça parle québécois autour de moi, fond musical KT Tunstall, dîner au bar sur un tabouret rond, comme dans les films américains. Je suis partie ce matin de l’Auberge de Jeunesse avec les quatre copines françaises aux cheveux blancs. On s’est entassé dans la voiture et j’aurais presque fait toute la route jusqu’à Québec avec elles.

Mon voyage se rapproche de sa fin. Je n’aime pas les bilans de fin de voyage… les conclusions, c’est toujours ce qui me donne le plus de mal. Il n’est pas une minute que je n’ai pleinement vécue, l’importance de ce petit tour au Québec est là entière. Dans les paysages et dans les rencontres. L’important… au fond, tout est important et « rien n’a d’importance » comme dirait Hobb. J’avance, je vis, je passe et je m’en vais. J’ai joué à être un courant d’air. Une poussière qui virevolte d’un point à l’autre, qui va et ne revient pas, pas tout de suite. J’ai aimé chaque seconde, même celles de doutes, même celles d’angoisse, et toutes celles de solitude autant que celles de communauté. C’est exactement ce que je voulais faire. Aller sans réfléchir. C’est ça qui vaut la peine, qui a des ailes, en crée. Et ça m’a fait du bien. Cela m’a sortir de cette état mélancolique dans lequel les au revoirs m’avaient un peu plongé. J’ai envie de revoir Québec, j’y reviens avec le sourire. Un vrai sourire.

Dans le snack, c’est comme si tout le monde se connaissait. J’ai eu cette impression partout pendant mon petit voyage. Cela aussi donne le sourire.

Ces endroits de passage, ce sont mes préférés. Parce que leur essence est faite d’éphémérité, d’histoires multiples qui se croisent, se recroisent, s’effacent, s’oublient, ne restent que dans les mémoires de ceux qui échangent sous la forme de souvenirs imprécis d’un moment d’une vie. C’est à cela que les attentes ressemblent, à des portraits mouvants d’histoires vraies aux allures de romans de gare.

Ces lieux et leurs richesses s’accumulent dans ma mémoire. Tous. Je ne sais pas quand ni comment, mais ces instants existeront de nouveau, ailleurs, sous d’autres formes.

J’ai de multiples choses à raconter. »


A bientôt,


A.

par Aurore publié dans : voyages
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Samedi 24 mai 2008
Après la poésie, une chanson ! Bon, on reste dans du domaine connu, mes Aïeux, "le repos du guerrier", et c'est juste en fait parce que j'adore cette chanson, et c'est toujours pour vous faire patienter en attendant le récit de mon voyage de trois jours de la semaine dernière, qui devrait être complet avant la fin de ce week-end.



free music


A bientôt,

A.
par Aurore
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Vendredi 23 mai 2008

En voguant sur internet, sur un site qui me plaît bien, à la recherche de tout autre chose, je suis tombée sur un texte de monsieur Apollinaire Gingras (nom tout à fait québécois !) né en 1847 et mort en 1935.
Le poème s'intitule " La terrasse Frontenac". Et je vous le retransmet ici parce que je trouve qu'il dit magnifiquement plusieurs choses :
La première, c'est qu'en lisant ces vers, vous vous trouvez sur la terrasse Frontenac, à contempler Québec.
La seconde, c'est que ressort de ce poème, encore une fois, l'amour d'un québécois pour son "pays", à savoir le Québec d'abord et avant tout. Le texte fait des références à l'histoire du Québec, de la ville aussi.
Il est assez long, autant prévenir les paresseux.
Bonne lecture ! ( le site d'origine s'appelle poesie.webnet.fr au fait, pour ceux que ça intéressent)

La Terrasse Frontenac

Je n'ai vu ni Venise un soir à sa gondole,
Ni Naples, ni l'Etna : pourtant, je m'en console !
Car j'ai vu, rayonnant au soleil de midi,
Québec, perché là-haut comme un aigle hardi.
Je l'ai vu panaché de verglas et de brume,
Et je l'ai vu l'été sous son plus beau costume.
Mais je l'ai vu, surtout, le soir, quand le soleil
Teint tous ses horizons de pourpre et de vermeil.
Pour chanter à l'envi ses larges paysages,
Montons à la Terrasse, à dix pieds des nuages.
Sous ces kiosques chinois n'allons pas nous asseoir :
Pour mieux jouir encor de la fraîcheur du soir,
Pour n'avoir sur les yeux ni coupoles ni voiles
Qui nous cachent un coin de ce ciel plein d'étoiles,
A la grille de bronze accoudons-nous, rêveur ;
Et là, volent mes vers : ils vont partir du coeur !

Je t'aime, ô ma Terrasse, ô ma Terrasse unique :
Ta rivale n'est pas sur ce sol d'Amérique.
Je t'aime, - et l'étranger toujours t'appellera :
L'étincelant bijou de mon beau Canada !


Je t'aime, ô ma Terrasse aux aspects grandioses :
Il voltige à ton front des souvenirs si roses !
Quel Canadien n'a pas, par un beau soir d'été,
Connu l'enivrement de ton site enchanté ?
Humé, grisé d'espoir, l'arôme de tes grèves,
Aux lèvres le cigare, au coeur les plus doux rêves ?
Et qui ne se rappelle avoir, ô ma Terrasse,
Ivre de bonne humeur, de silence et d'espace,
A la seule clarté de tes nuits d'Orient,
Causé sans gêne ici jusqu'à minuit, souvent ?
Après avoir sous clef, le soir, à son bureau,
Mis ces mille soucis qui brûlent le cerveau,
Quel flâneur, gravissant ta superbe falaise,
N'a senti sa poitrine enfin respirer d'aise
Devant ce paysage où la nature et l'art
Conspirent à l'envi pour charmer le regard :
Ce paysage frais, gracieux et sublime, -
Ces monts d'azur où l'œil vole de cime en cime,
Ces monts lointains sur qui des nuages brillants
Passent à gros flocons comme des aigles blancs ;
Là, la grande cascade au refrain monotone ;
Puis l'Île d'Orléans, dont chaque toit rayonne ;
Ici, Lévis qui prend fièrement son essor
Comme un gai satellite autour d'un soleil d'or ;
Puis là-bas, Charlebourg, sur un terrain qui penche,
Semblant sortir du bois comme une perdrix blanche ;
Puis de riants coteaux couronnés de villas,
Des forêts de sapins, des bosquets de lilas ;
Puis, pour miroir à tout, cette rade profonde
Où les vaisseaux, venus des quatre coins du monde,
Perdant souvent leur ancre en nous disant bonsoir,
Semblent laisser leur coeur et nous dire : au revoir !
C'est un enchantement : plus de mélancolie !
L'espoir vous monte à l'âme, et vous aimez la vie !
Dans cette rade en feu, sous ce ciel de saphir,
Votre oeil ému croit voir un reflet d'avenir !


Terrasse ! s'il voltige à tes murs poétiques
Un essaim parfumé de souvenirs magiques,
Il plane autour de toi des souvenirs si grands !
Les zéphirs n'ont-il pas, sur tes sommets géants,
Caressé les drapeaux les plus beaux de la terre -
Le blanc drapeau de France, et celui d'Angleterre ?
De ce cap Diamant qui vit Montcalm mourir
A qui Dieu dit un jour : Cède, mais sans rougir !
De ce vieux boulevard teint de sang et de gloire,
Terrasse ! n'es-tu pas le témoin qu'il faut croire ?
Ces nuages dorés, qui flottent dans ton ciel,
Ne sont-ils pas pour toi comme un nimbe immortel ?
Je t'aime, ô ma Terrasse, et je veux qu'on t'admire :
Car vois-tu, - laisse-moi le dire et le redire, -
Vois-tu, le Créateur, l'artiste magistral,
Creusa sous tes regards un fleuve si royal !
Pour se mirer au sein de ces ondes verdâtres,
Il inclina si bien les bleus amphithéâtres !
Ce peintre de l'Eden de son brillant pinceau
Sut si bien nuancer tout ce divin tableau,
Ce tableau fait exprès, ô ma belle Terrasse,
Pour mieux mettre en relief ton orgueil et ta grâce !
Vraiment, Dieu, prodiguant les îles et les monts.
Pour cadre t'a donné ses plus beaux horizons !
Mais quand il eut vidé sa corne d'abondance
Dans les plis verdoyants de ton pastel immense,
Il t'empourpra surtout d'un si divin reflet
En y faisant jouer les drames que l'on sait !

Je t'aime ! et pour te peindre, oh ! ma strophe est bien pâle
Car sut le globe entier tu n'as pas de rivale !
Laisse-moi t'appeler dans mon coeur, dans mes vers :
Le bijou préféré de ce bel univers !
Mais ton panorama - cette crainte me navre -
Deviendrait à mes yeux morne comme un cadavre
Si jamais, du sommet de ton site adoré,
L'oeil devait contempler un pays égaré !
Tu sembles ceindre au coeur la vieille citadelle :
D'un passé plein de foi sois le blason fidèle !
Que la foule peuplant ton balcon souverain
Ne rougisse jamais du credo de Champlain !
Ce qui charme, vois-tu, sur ces monts, dans ces plaines,
Ce sont ces blancs clochers qui brillent par centaines,
Et qui lancent, joyeux, vers le gai ciel natal,
Leur concert d'angelus si grand, si musical.
Terrasse ! oh ! puisses-tu, pour l'âme et les oreilles,
Garder autour de toi ces vibrantes merveilles !
Ô pays que j'adore, ô mon pays si beau :
Avant d'être apostat, descends dans le tombeau !

Ma terrasse, je t'aime ! - et si l'on veut sourire,
Voici tout le secret qui fait chanter ma lyre :
Mon pays, dont ici je sens battre le coeur,
Rayonne, palpitant, dans ta riche splendeur !

Apollinaire Gingras.
par Aurore
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Mardi 20 mai 2008
Je vous la raconte  parce que ça va vite à raconter et que les photos sont excellentes! Enfin, moi surtout, je suis exceptionnelle sur ces photos ! ( ahem, la modestie m'étouffe !).
Cette soirée là, j'ai fait ma star. J'ai battu mes records de classe au Québec. C'était le départ de Damien et de Géraldine, alors il fallait bien faire un petit effort quand même !
Notre Damien préféré, qui entre temps est devenu notre stroumph cuisto préféré (l'omelette était bizarre mais pas mauvaise, le mélange de légumes un peu spécial mais fort appréciable, et les pommes avec le riz et le steak, du grand art maestro ! ), ce soir là n'a pas fait la cuisine, non non... Ce soir-là il nous emmène au resto, Au temps perdu, avenue Myrand, à deux pas de l'université. Nous étions huit, ce qui ne bat pas le record de Montréal ( 10) mais s'en approche ! C'était sa dernière soirée ici, alors monsieur avait décidé d'en profiter à fond, ce en quoi il a bien raison. Je ferais bien quelque chose pour mon départ aussi... mais ça risque d'être minable vu qu'on ne sera plus que trois, quatre grand maximum... c'est le problème quand on part dans les derniers. On pleure beaucoup plus que les autres !

Bref, revenons à nos moutons. Au temps perdu, premier service sur les tacos au fromage et petits légumes ! On a la preuve en photo que Damien n'en a pas laissé une miette, après avoir découvert à quel point c'était bon cette "chose qu'on ne sait pas trop comment on doit faire pour la manger mais qu'on trouve !"



Et après les nachos, Hamburger... mais pas le petit hamburger de base de chez macdo, non, le hamburger de pro... et super bon le hamburger ! Tellement que personne, à part Damien, encore lui, ne saura prendre de dessert ! (décidement, Damien, t'as un truc avec les desserts! voir l'article sur Montréal pour les détails !)

Et que font des mecs quand vous les amenez dans un endroit où il y a des sous verres ? ils s'amusent... la preuve en image encore une fois :

PE en mode château de... sous-verres...

Et là, c'est très fort, ils sont très forts ces australiens ! en tout cas le notre il est doué (oui, Kieran, c'est notre petit australien, même qu'on a eu peur qu'il nous pose un kangourou au début de la soirée... humour à la PE, je ne revendique pas cette feinte même si j'avoue, là j'applaudis la trouvaille !) Doué pour quoi ? pour faire ça, regardez bien :





Après... après j'ai passé mon appareil photo à Sandra... et Sandra s'en est donné à coeur joie... voilà, c'est comme ça qu'on a des photos de moi en train de faire ma star... quoi, j'avais la classe alors autant jouer le jeu non ?

Z'avez vu, je suis en jupe... je sais, c'est pas normal. moi-même j'ai du mal à comprendre ! Je veux pas dire mais avec sa veste sur l'épaule, il se la joue aussi un peu là Damien ! A la marseillaise ; - ) .

non, vraiment, j'ai la classe sur ces photos... ( oui mes chevilles vont bien, merci ! :p)

Oui bon... là, c'est un peu trop sans doute... et pourtant, je suis sobre ! Mais bon, on me connaît, j'ai pas besoin d'avoir bu pour être totalement cinglée si je suis d'humeur ! Et j'étais d'humeur apparemment !

On a fini la soirée d'abord chez Damien à écouter de la musique et à bavarder autour d'un verre, avant de se rendre au pub pour danser jusqu'à la fermeture ou presque !

C'était une très très bonne soirée, qu'on oubliera pas, et dont on parlera longtemps avec beaucoup de sourire, beaucoup d'éclat de rire, un rien de nostalgie et quelques gouttes de moqueries ( fait moi plaisir Sandra, ne me rappelle pas ce que j'ai dit une bonne dizaine de fois ce soir là ! )

Un gros coucou à tous ceux qui étaient là ce soir là, et une pensée spéciale pour Géraldine dont c'était également la dernière soirée et qui nous manque, pour Flo qui était déjà partie et qui manque au Pub (et à nous !), et bien sûr pour Damien qui nous manque aussi. Je vous embrasse fort tous les trois.

A bientôt, vous les français !

A.


PS : Allez, tout le monde danse !  "My dream is to fly over my rainbow so high !" (hein qu'elle reste dans la tête ? Là, tous ceux qui connaissent la chanson m'en veulent à mort, je le sens bien!)
 
par Aurore publié dans : petites nouvelles du jour
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Mardi 20 mai 2008



Alors ? portion d' autoroute entre Lille et Valenciennes ou bien portion de route entre Québec et Montréal ?
par Aurore publié dans : petites photos du jour
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Mardi 20 mai 2008
Cher tout le monde,

Peut-on faire une fin de semaine entre amis à dix ?
Oui on peut. Et à Montréal en plus. Pile la fin de semaine où le Canadien se fait sortir par les Flyers de la course à la coupe Stanley. Et c'était même pas fait exprès. On s'en est rendu compte après, dans les conversations, d'un coup.
" Hé, tu sais que c'est le match Flyers/ Canadien samedi ?
- Ah mince !!!
- ouais, on évitera juste le centre Bell !"

Samedi 3 mai, nous voilà donc en route par autobus pour LA ville la plus connue du Québec très certainement ( demandez autour de vous et voyez le résultat, certains ne savent même pas qu'une ville s'appelle "Québec"!)
avec :

Sandra qui se la joue star dès le départ

Floriane, qui se la joue très star aussi mais c'est normal, elle a failli travailler pour Mariah ( petit délire perso, oups!)

Henri, qui lui se la joue " t'es tannante avec tes photos"

Géraldine dans son manteau rouge de star aussi

Ingrid ( oh t'es loin !) qui ne survivra pas sans Simons l'an prochain.

Pierre-Emmanuel, et Yann que je n'ai pas en photo individuel, il exagère !

Damien, qui fuit les appareils photos mais s'est fait avoir quand même ! (ok, s'est laissé avoir quand même... j'en ai une autre où tu joues ta star aussi, hein, monsieur j'ai ma statue dans le parc du Mont Royal ! )

Et Kieran (prononcez-le à l'anglaise, c'est notre petit australien), qui pose ici avec Henri, et que je n'ai pas en photo individuelle non plus ( ben alors ? ça va pas ça !). Lui nous a rejoint un peu plus tard, il était déjà sur Montréal.

ah évidemment, il manque votre star personnelle, moi-même, me voici :
Et je fais ma star aussi, avec le super sac Marron prêté par Géraldine...

Le voyage de trois heures de Québec à Montréal est assez "plate"... Monotone, long... d'autant que le temps n'est pas avec nous. Mais, ça n'a pas vraiment une grande importance, tant qu'il ne pleut pas, et si on n'a pas le soleil, on l'invente avec de la bonne humeur ( hein les Ch'timis, on fait ça bien chez nous !) Il n'empêche... le paysage sur la route fait assez Nord- Pas-de- Calais quand même...

Arrivés à Montréal, notre premier réflexe est le repérage : direction le métro, où le guichetier s'est bien amusé avec notre petit groupe et nos hésitations entre l'achat d'un pass une journée ou trois, selon ce qui nous reviendrait le moins cher... Il nous a même offert plusieurs cartes du métro Montréalais du coup!  Ah ces québécois ! ( dit-elle avec beaucoup d'affection dans la voix !)
On commence notre visite de la ville avec la rue Sainte Catherine, magasin d'un côté... quartier un peu plus chaud la nuit. Au passage, en faisant quelques détours dans le quartier, on tombe par hasard sur un morceau de l'université Mac Gill, l'une des plus prestigieuses au Canada.



Montréal, à l'instar de Toronto, New-York, c'est un mélange étrange d'architectures récentes, de buildings énormes, et d'architectures plus anciennes... Mais le sentiment que la ville me laisse est encore différent de New-York ou de Toronto. Montréal, c'est une ville cosmopolite, bilingue, on y entend autant parler français qu'anglais selon les quartiers dans lesquels on se trouve, selon les rues que l'on traverse ( la rue Crescent par exemple, au nom fort  anglophone, croise la rue Sainte-Catherine...), on y trouve des tas de petits restaurants, de grands magasins. Montréal c'est une ville qui bouge, qui vit à un rythme accéléré comparé à la tranquille ville de Québec! 
La rivalité entre les deux villes est légendaire, et le contraste entre les deux est bien réel. Mais chacune à son charme, à sa manière. Ce sont réellement deux atmosphères différentes. Et les deux me plaisent beaucoup. J'aurais apprécié, je crois, une année à Montréal, autant qu'une année à Québec, même si différemment!


La rue Crescent, avec des drapeaux des Canadiens ! Go Habs, go ! ( oui ils ont perdu, on sait mais quand même...)


Après le dîner (repas du midi mais tout le monde s'est mis au québécois depuis le temps non ?), direction le vieux Montréal où se trouve notre auberge de jeunesse ! La réceptionniste s'étonne d'ailleurs de notre petit groupe de dix. C'est vrai que nous ne sommes pas banals ! A nous tous, on représente facilement les quatre coins de la France, le Sud avec Damien, Flo, Ingrid, l'Est avec Sandra, l'Ouest avec PE et Yann et le Nord avec Géraldine et moi ! Ce sont égarés un Québécois et un Australien dans nos calculs... Mais on les aime bien tous les deux, donc ça va, c'est correc' !
Les dortoirs de l'auberge dans lesquels nous allons passé la nuit sont aménagés dans une ancienne grange. Le côté un peu intimiste des lieux le rend sympathique pour un dortoir! On a chacun sa cage de lapin pour dormir !

Voilà, Damien dans son coin, voyez les panneaux en bois ? tout les lits en étaient entourés, d'où le côté "chacun son petit coin tranquille", bien que nous soyons dans un dortoir.


  L'arrivée dans le vieux Montréal

Une vue sur Montréal. En fait, vous prenez la photo précédente, c'est ce qu'on avait à gauche, et celle-ci, ce qu'on avait à droite, juste en sortant du métro et en se dirigeant vers notre auberge.


Après avoir déposés nos bagages à l'auberge, nous voilà parti en excursion dans le vieux Montréal avec Damien, très inspiré par le guide du routard, pour guide.


Un Squirell à Montréal !!!

Au bout de la rue, notre auberge !

La place Jacques Cartier.

Le marché Bonsecours, autrefois centre commercial des gens pas très riches, c'est aujourd'hui un repaire de boutiques plus ou moins chics... (d'après ce qu'on m'a dit en tout cas)

petite rue du vieux Montréal



voilà, la petite troupe, photo presque prise au naturel ! J'adore ! on fait vraiment petite troupe là ! Damien, comme d'hab, est plongé dans le routard, Ingrid pose, Géraldine esquisse un sourire, Flo fait la star, Sandra est morte de rire, Henri évite l'objectif, PE tourne la tête au mauvais moment et Yann se plie au jeu ! Vous êtes bons la gang, vous êtes bon !

Une vue sur Montréal depuis le port.

Le vieux Montréal, c'est un peu un îlot de tranquillité dans la grande ville qui bouge, encore que la place Cartier est bien animée aussi. Mais c'est sans doute le morceau de Montréal qui ressemble le plus à la ville de Québec. Un autre îlot de tranquillité, c'est ce gros morceau de nature qu'est le parc du Mont royal. C'est notre destination suivante. Entre temps, Flo, Ingrid et Géraldine nous ont lâchement abandonné pour filer faire les boutiques dans l'immense magasin Simons et l'autre immense magasin "les Ailes de la mode" de Montréal. On a les même à Québec, mais en version plus modeste. La moitié de notre groupe se composant de gars, on n'allait pas les traîner dans les magasins... on a du coeur, nous les filles, on pense à ces pauvres messieurs qui ne supportent pas forcément les exclamations toutes joyeuses d'une fille qui vient de trouver la robe de ses rêves. Donc, on a laissé les trois demoiselles faire bande à part et avec Sandra et les garçons, on part retrouver Kieran avenue du Mont Royal avant de partir vers le parc.
C'est sur cette avenue qu'on a un aperçu de l'idée selon laquelle Montréal c'est vivant. petit concert de Djembé sur la place à l'arrêt de métro, mouvement de foule, la bonne humeur est décidément dans l'air, le sourire flotte sur nos lèvres... fin de semaine qui se déroule pour le mieux jusqu'à présent.

  Et même les Bus supportent les Canadiens !!!

 Arrivés au Mont Royal, petite balade en forêt ! oui oui, en forêt ! et on va d'ailleurs croiser plein de mister squirell !
Le Mont Royal, c'est un énorme poumon de verdure, la nature surplombant la ville ! Et le point de vue est assez sympathique.

Voilà Montréal !


Et voilà nous à Montréal, moins PE qui prend la photo, moins les trois filles qui font du magasinage !


Plus tard, nous retrouverons les miss à l'arrêt de métro, rien qu'avec une demie heure de retard. ( mais, étant donné que Flo avait décidé que tout ce qui arrrivait ce week-end était de ma faute, on n'a blamé personne... c'était la faute d'Aurore, point... Heureusement, j'avais Géraldine et Ingrid pour me défendre face à Flo !)
19h, nous voici en route, sur la suggestion de Géraldine et les trouvailles de notre stroumph guide - Damien aidé du routard ! - pour un bon petit resto chinois, buffet à volonté ! Je vous laisse imaginer les assiettes de fous que se sont servis certains ( on ne les citera pas... hein Damien ? hein PE à côté ? si si je t'ai vu !)
Et je ne vous parle même pas des assiettes de dessert...
Voilà... l'assiette de dessert que Damien n'a pas su finir, finalement... mais il ne faut pas le dire trop fort... chuuut.

Après le resto, nous voyons les Canadiens perdre leur match dans un petit café... (Carey !!! qu'as-tu fait ??? pourquoi tu ne les as pas arrêté ces buts dans les dernières minutes du jeu ? On t'en veut!!!)
Et on poursuit notre tour de ville de nuit, et c'est beauuuuuuuuuuu !


La cathédrale de nuit !



Une vue depuis le port la nuit, c'est le marché Bonsecours qu'on aperçoit illuminé en rose.

De là, retour tranquille à l'auberge, il est à peu près 23h. Certains ressortent, je bavarde avec Flo, Ingrid, Géraldine, Damien, Sandra, Henri... bref, ceux qui sont restés, assise tranquillement dans une sorte de chaise-hamac mise à disposition. ( elle est fichtrement bien cette auberge !)

Le lendemain matin debout de bonne heure !!! et il pleut... il a plu toute la nuit d'ailleurs... les filles décident d'aller quand même jusqu'au mont royal qu'elles n'ont pas vu la veille. Sandra et Henri doivent retourner sur Québec et Kieran a disparu ! On le retrouvera après, ne vous inquiétez pas. Mais me voilà seule avec Damien PE et Yann, alors qu'il pleut sur Montréal... La pluie nous décide donc à aller jeter un coup d'oeil à la ville intérieure. Car sous Montréal court un réseau de couloir reliant les principaux points de la ville et quelques stations de métro, pour pouvoir circuler en hiver quand il y a cinq mètres de neige dehors!
Ce dimanche matin là, c'était plutôt désert et ambiance assez "Bienvenue à Gattacca" dans certains endroits, comme l'a fait remarqué un des garçons. (Bienvenue à Gattacca, si vous ne l'avez pas vu, c'est un film d'anticipation que j'ai pas mal apprécié, je conseille!)

voilà, l'ambiance Gattacca !

On s'est bien baladé une petite heure et demie dans ces couloirs je crois ! A 11h30, nous avions rdv avec les filles dans une station de métro pas très loin de l'endroit où notre super guide voulait nous emmené prendre le brunch ! Et même si on a un peu galéré pour trouver le petit snack, ça en valait largement la peine !
Les assiettes, énormes, le contenu, excellent, le service, impeccable et chaleureux, le genre d'endroit dont on ferait volontiers sa cantine !

Là, mon assiette, miam !

Ingrid nous quittera juste après le brunch, elle partait pour New-York ! Et nous, groupe réduit à 7 à présent, Flo, Géraldine, PE, Yann, Kieran, Damien et moi, nous nous dirigeons vers le Biodôme de Montréal, juste à côté du stade Olympique ! Montréal a accueilli les jeux en 1986. La construction du stade a coûté des sommes exorbitantes que remboursent aujourd'hui les taxes sur le tabac... les Montréalais ont une dent contre ce stade...
Le biodôme, c'est une reconstitution de plusieurs environnement, tropical, banquise, forêt laurentienne, et St-Laurent, où on observe plante et animaux. c'est une visite vraiment très sympathique ! on a vu des Lynx ! et des pingouins ! et des poissons ! j'ai des tas de photos et de vidéos que vous verrez quand je rentrerai! J'ai vraiment un très bon souvenir du biodôme ! c'est une visite à faire si vous passez par Montréal un jour ! ( je ne désespère pas !)

a notre sortie du Biodôme, il est environ 16h, et nous décidons de reprendre la route vers Québec, pour ne pas y arriver trop tard.

Voilà, avec retard, vous avez ainsi le récit de nos aventures Montréalaises à 10 ! Un petit voyage sans prise de tête, malgré la pluie, et vraiment sympathique. J'adore ces voyages entre amis ! Surtout que c'était le dernier où nous étions tous ensemble.
Un énorme bisous à tous les acteurs de cette petite fin de semaine

Et à bientôt, vous les français !

A.

PS : c'est définitif, pour un Québécois, le nord de la France, c'est la Bretagne... J'ai arrêté de compter le nombre de fois où on m'a répondu "Ah la Bretagne!" quand je dis que je viens du Nord... Importez "Bienvenue chez les Ch'tis" !!! pitié !
par Aurore publié dans : voyages
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