Samedi 7 juillet 2007
6
07
/07
/Juil
/2007
11:50
Lorsque vous devez vous exiler pour une année scolaire à l'étranger, les gens autour de vous ont des réactions diverses qui varient selon leur personnalité et le degré d'intimité qu'ils ont avec
vous... On devrait faire une étude sociologique, créer des tableaux de comparaisons et faire des statistiques sur le sujet, je suis sûre que ça en amuserait certains.
Ainsi, vous avez les réactions de la famille proche, les parents, les frères et soeurs. Ce sont eux les premiers au courant, ils savent que vous devez partir avant même que vous sachiez où
exactement, ils suivent la difficile évolution de vos choix, tentent de vous guider : " Vraiment, l'Argentine, c'est peut-être pas une bonne idée..." "Tu veux aller au Japon ? mais tu ne parles
pas Japonais ! Tu connais quelqu'un sur place au moins ?" "Québec ? Ah oui, c'est bien ça, Québec... on parle français à Québec, non ?"
Certains ont des réactions un peu moins enthousiaste que ce que vous auriez espéré : " Qu'est-ce que tu vas foutre au Canada ? il fait froid là-bas !" " Une année scolaire ? mais tu ne vas jamais
t'en sortir !"
Parmi vos amis, l'approche est différente, quelques-uns ont l'esprit pratique... "Si tu vas au Japon, tu me ramènes la console xyz dernière génération que la notice elle est en japonais
mais que c'est pas grave je me débrouillerai quand même, hein ?" " Québec ? Si je te file une valise supplémentaire et des sous, tu me ramènes des CD de chanteur québécois ?"
Certains vous envient et ne se gênent pas pour vous le dire franchement " Me dit pas que tu vas à Québec ? Là où j'ai toujours voulu aller ? C'est pas justeuh ! Moi aussi je veux venir
!"
Il y en a qui ont même des idées carrément géniales : " Si j'arrive à devenir contorsionniste d'ici ton départ, tu m'embarques dans ta valise ?" et quelques-uns font des propositions
intelligentes : " ben, on viendra te voir à Noël, ça nous fera un prétexte pour visiter Québec !"
A mesure que votre départ se précise, la famille proche angoisse tandis que vos amis réalisent et ne manquent pas une occasion de vous rappeler que vous partez.
Les parents, par exemple, vous harcèlent - avec raison finalement - pour que vous ayez votre visa en temps et en heure, posent plein de questions auxquelles vous n'avez pas forcément les
réponses : " qu'est-ce qu'on mange là-bas ?" " Il fait vraiment froid en hiver?" ( pour information, je vous répondrais mieux quand j'y serai mais il parait qu'on mange assez bien et qu'en hiver
il peut faire -40°...) Ils vous font paniquer lorsqu'il s'agit de remplir les papiers pour le logement, vous bouscule pour que vous soyiez en règle avec l'immigration, insistent pour que vous
vous renseignez sur les modalités bancaire et j'en passe... Bref, vous stimule de manière à ce que vous n'oubliez surtout pas que vous partez bientôt : "août ça se rapproche hein ! ça va passer
très vite tu vas voir !" (et le pire, c'est que comme toujours, les parents ont raison)... Ils ont aussi toujours peur qu'une fausse note se glisse dans la partition et si tout n'est pas
strictement prévu au quart de millimètre, ça devient ingérable. Respirez, rassurez-vous, tout va bien : quoiqu'il arrive il y aura nécessairement des imprévus, c'est presque mathématiques...
Vos amis, eux, ne paniquent pas du tout. Au contraire, ça les amuse. "Alors, et Québec, c'est pour quand ?" "Tu fais une soirée, hein, avant de partir, qu'au moins ça serve à quelque chose !" Ils
vont mêmes, vos adorables amis, jusqu'à vous offrir " Le québécois de poche" pour votre anniversaire ( soi dit en passant, j'ai trouvé ce cadeau fort symapthique et utile, merci les filles, vous
assurez !) Et si vous n'avez pas mis tout le monde au courant, ils se chargent de le faire pour vous " Mais oui, parce que Madame part au Québec l'an prochain! tu savais pas, la veinarde !".
C'est bien, des amis qui prennent ça avec le sourire, qui vous affirment qu'ils vous enverront des mails qui vous menacent de venir eux-mêmes jusque là pour vous tirez les oreilles si vous ne
prenez pas de jolis photos pour leur montrer comme c'est magnifique...
Au fur et à mesure que le départ approche, il ne se passe pas une conversation sans que votre futur voyage soit évoqué. Famille comme amis en parlent aux commerçants, " ben oui, monsieur
l'opticien, il me faut d'abord les lunettes d'Aurore parce qu'elle part au Canada dans un mois et demi" et l'opticien de vous expliquer combien lui a aimé le Canada, combien vous allez voir des
belles choses etc etc...
Finalement, c'est très sympathique, tout le monde s'y met, tout le monde se sent un minimum concerné, et ça fait plaisir... Et quelque part, ça vous rend aussi un peu plus impatient de
partir...
Je vous embrasse tout le monde, en espérant que vous vous reconnaîtrez et que bien sûr, vous le prendrait avec le sourire !
A.